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Web-documentaire sur l’apnée par le magazine L’Equipe Explore

Il y a quelques semaines, le magazine L’équipe Explore nous proposait un très beau et très bon documentaire sur l’apnée : son histoire, ses records, ses drames, sa beauté, ses techniques, un web-documentaire tout en textes, photos et vidéos, régalez-vous bien !

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Film Narcose de Julie Gautier avec Guillaume Nery

Le film NARCOSE de Julie Gautier, avec Guillaume Néry

Film Narcose de Julie Gautier avec Guillaume Nery« La narcose, aussi appelée l’ivresse des profondeurs, est l’ensemble des phénomènes qui agissent sur le système nerveux du plongeur et entraînent des troubles de la perception. »

C’est par cette phrase que commence le superbe film Narcose de Julie Gautier avec Guillaume Néry.

A bord du bateau, probablement dans la rade de Villefranche-sur-mer. On entend Guillaume se préparer, faire ses exercices de ventilation, une vision vécue de l’intérieur. Un regard, un geste, un sourire, complicité de Julie envers Guillaume. Viennent le bleu, le monopalme, qui jouent avec le soleil. Rejoindre la corde, lentement rejoindre le calme.

Une digression dans un lac de montagne, une vue générale cadrée en plongée, le monopalme de Guillaume comme la nageoire définitive d’un mammifère humain. On plonge. Les ondulations, les compensations invisibles, la descente le long du filin, le bruit du mousqueton accompagnant la descente. Le moment précis où la chute libre commence. Le silence des yeux fermés. Plus bas, bien plus bas, au bout du bout, les lumières de la plateforme d’arrivée, de la plateforme sommitale et profonde.

Arrivé au fond, le premier flash. Le retournement. La remontée, déjà. S’ensuivent les images mentales de la narcose : une bulle transparente faisant office de prison bleue, des petits personnages inquiétants aux yeux verts, une course contre la montre, une fuite, la chute, de nouveau. C’est magnifique. Et la scène du mariage d’apnées, déjà culte.

Il y a du Romain Duris dans le sourire de Guillaume Néry, une insouciance adolescente à la Gus Van Sant, à moins que ne se prépare la célèbre scène du mariage de Quentin Tarantino dans Kill Bill. Heureusement, tout est bien qui finit bien : le sang est le bleu de la mer, la mariée dit oui à cette marée de rythmes cardiaques. Un enchevêtrement de corps en apesanteur, des nymphes, des muses, des beautés nues, érotiques et célestes.

Le film se termine avec l’apparition de la vie. Elle, si belle, enceinte d’oxygène. Encore une photographie simplement splendide, épurée. Thoreau disait « simplifiez, simplifiez », c’est réussi. Nous sommes éblouis. Déjà la fin, déjà la surface, la possibilité, non pas d’une île, mais de l’air, simplement de l’air. La dernière image comme une première respiration. Bravo !

Mettez un casque sur les oreilles, pour être certain de tout ressentir, regardez en HD, c’est magnifique :

Analyse de lecture du livre "Profondeurs" de Guillaume Néry

Guillaume Néry, "Profondeurs", aux Editions Arthaud.
Guillaume Néry, "Profondeurs", aux Editions Arthaud.

Guillaume Néry vient de publier son premier ouvrage « Profondeurs » aux Editions Arthaud, écrit en collaboration avec le journaliste Luc Le Vaillant.

Avec ce premier livre, Guillaume Néry réussit le pari double et audacieux de faire découvrir le monde de l’apnée profonde à celui ou celle qui ne le connaît pas, tout en venant consolider les acquis de celles et ceux qui pensaient tout connaître sur l’apnée en général, et sur Guillaume en particulier.

Guillaume Néry aurait pu être ce frère jumeau, ce compagnon de cordée ou de bleu profond, ce confident de lectures et de spiritualités, cet athlète avec qui partager les entraînements et les sensations. Cette autobiographie fait du bien, elle ouvre des portes et on en ressort comme grandi, avec le désir de rejoindre Guillaume dans ce bleu qu’il affectionne tant. Sur le style, d’abord très (trop ?) présent sur les premières pages, le journaliste Luc Le Vaillant nous fait plonger dans des métaphores et oxymores qui amusent au début, puis qui finissent par agacer. Heureusement, au fil des pages qui tournent, ce style très personnel s’efface petit à petit pour laisser place à une vraie collaboration d’écriture entre l’apnéiste et le rédacteur. Sur la forme et sur le fond, le schéma global du livre, son chapitrage, est un voyage, un voyage qui part de la surface de l’eau, du zéro, qui nous emmène jusqu’à – 125 mètres, et qui nous ramène à la surface, à son soleil salé. Et comme accrochées telles des plaquettes tout le long de ce câble profond, des dizaines d’apartés, d’anecdotes, de digressions. Un schéma complètement novateur qui change de l’habituelle autobiographie « Je suis né le…….à………. de parents……..et j’ai découvert……..à l’âge de………., etc. ». Comme le dit Herbert Nitsch, Guillaume Néry a le gêne de l’innovation en lui, briser les idées reçues et repousser les limites fait partie de son quotidien. C’est chose faite dans ce livre.

« Je ne suis pas un sportif qui cherche à développer ses muscles pour ses performances. Je suis un mammifère humain qui doit exhumer des capacités qu’il possédait quand il était cousin des mammifères marins. »

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Interview exclusive de Guillaume Bussière

Guillaume Bussière

Après Arthur Guérin-Boeri et Georgette Raymond, c’est au tour de Guillaume Bussière de s’initier au jeu de l’interview pour le site apnée-savoie.com. Le Champion de France 2013 AIDA et FFESSM en dynamique palmes et en dynamique sans palmes, se livre en toute humilité, et avec l’humour qui le caractérise. Vous voulez tout connaître des meilleures pratiques en apnée, c’est par ici que ça se passe !

1. Déclinez votre identité ! Nom, prénom, âge, lieu de vie, nom du club. 

Bussière, Guillaume, 30 ans, Cagnes-sur-Mer, FFESSM : ORCA, AIDA : CIPA.

2. Dans les esprits, tu es celui qui a déchaîné les compteurs en 2013, sur le circuit FFESSM ou sur le circuit AIDA, avec en clôture les Championnats du Monde AIDA à Belgrade. On rappelle ta performance, 259m en DYN, comment te sens-tu aujourd’hui par rapport à cette performance ? 

Plutôt pas mal, je continue à m’entrainer pour voir ce qu’il y a après.

 3. Parlons des choses qui fâchent. On a vu que pour un simple problème d’annonces, tu as été sélectionné en finale B, et non en A, bien que tu aies fait la deuxième performance mondiale juste derrière Goran Golak (excusez du peu !). Mentalement, comment l’as-tu géré à chaud, et maintenant à froid ? Ce n’est que partie remise ? 

Très sincèrement sur le coup, j’ai été déçu, mais bizarrement le simple fait d’être en final m’a comblé. Avec le recul, en sachant quelle distance j’ai fait, je n’ai pas de raisons de ruminer. Mais en définitive, je suis vraiment content de ce qu’il s’est passé, ça ne me motive que d’avantage.

4. Quand et comment as-tu découvert l’apnée ? Depuis combien de temps pratiques-tu en club dans un souci d’entraînement et de compétition ? 

J’ai commencé l’apnée suite à un été de chasse sous-marine avec un ami. J’ai fait mon premier entraînement en statique le 4 janvier 2011 au CIPA . Il me semble que j’ai participé à ma première compétition lors de la 10ème coupe des Dauphins à Genève en 2012, sur le circuit AIDA .

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Championnats du Monde de profondeur AIDA 2013 à Kalamata en Grèce, du 15 au 22 septembre

Kalamata 2013

Mise à jour du dimanche 22 septembre :

La troisième et dernière épreuve de ces Championnats du monde s’est parfaitement déroulée : l’immersion libre (FIM) est une belle discipline ! C’est William Trubridge qui gagne la médaille d’or avec 115 mètres ! Pour information, il est recordman dans la discipline avec 121m à son actif. Le russe Alexey Molchanov empochera médaille d’argent avec 110m. Chez les femmes, sa mère, Natalia Molchanova, établit un nouveau record du monde avec 91m ! Notre française Aurore Asso bat le record national avec 72m ! Une magnifique performance !

Mise à jour du jeudi 19 septembre :

Médaille d’or : Alexey Molchanof avec 128m, médaille d’argent : William Trubridge avec 120m, médaille de bronze : Guillaume Néry avec 119m. 4ème : Morgan Bourchis avec 105m. Bravo à tous !

Alexey Molchanov est descendu à 128 mètres en poids constant ! Guillaume Néry, pas en forme à cause d’une intoxication alimentaire, descend à 119 mètres, le carton est jaune car 123m annoncés. William Trubridge valide 120 mètres, Morgan Bourch’is est ok avec 105m ! Remy Dubern est disqualifié, black-out. Natalia Molchanova descend et valide un magnifique 96m ! Alice Modolo est à 75 mètres.

Aida World ChampionShip, tous droits réservés.
Alexey Molchanof de retour de 128m. Aida World Championship, tous droits réservés.

Aujourd’hui a lieu la deuxième épreuve de ces Championnats du Monde à Kalamata, le poids constant avec palmes (CWT). On attend, entre autres, Guillaume Néry, Alexei Molchanov, William Trubridge, Dave Mullins, un magnifique quator au sommet !

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Une magnifique vidéo d’apnée

Voici un autre visage de notre fabuleux sport (n’est-ce qu’un sport d’ailleurs ? Un art ? Une façon de vivre ? A vous de choisir !), une magnifique vidéo réalisée par des apnéistes danois. Du bleu à profusion, un calme fou, des images sublimes, régalez-vous !

Source : http://www.plongeurs.tv

"Pour comprendre (et pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore vue) il faut tout d’abord regarder sur YouTube la sublime vidéo Free fall  de Guillaume Nery et Julie Gautier (sur une musique non moins sublime du groupe Archive  – on est fans !) qui, avec plus de 10 millions de vues dans le monde entier, est juste un incroyable record !!! 

Cette vidéo dont le titre complet est "Weightless – Emotional Freediving" est l’œuvre de fans danois de "Free Fall", qui ne sont pas des champions mais des amateurs très éclairés (d’apnée ET de vidéo). L’apnéiste et réalisateur Toni Martin Dobrzanskia a été filmé entièrement en apnée par Christian Arp-Hansen en janvier et février 2011 à Dahab, en Égypte, sur 3 sites différents, dans une profondeur maximale de 20 mètres. 5 heures de "rushs" au total, jamais plus longs qu’une minute et demie. 

 Le site officiel de la vidéo : www.WeightlessEmotions.com  (avec plein de bonus, photos, fonds d’écran etc.).
© Toni Martin Dobrzanskia (performance d’apnée, réalisation, montage et musique – www.SoundComposer.dk  ) / Christian Arp-Hansen (images tournées en apnée – www.ArpFoto.dk  ) / Carl Thomaeus (sécurité plongée, toujours en apnée)"

La philosophie de Guillaume Néry

Un très bel article de Caroline Audibert sur Guillaume Néry pour le magazine Clés.

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Pour plonger toujours plus loin au fond de la mer, là où il se sent chez lui, cet apnéiste s’est transformé en homme-dauphin. Rencontre avec le multirecordman d’une discipline austère et dangereuse.

Il a fait de l’extrême son obsession, son plaisir. Ses cheveux ont la fougue des vagues. Ses muscles fins charpentent un corps longiligne. Il faut imaginer son buste abriter une foule d’alvéoles déployées comme la frondaison de milliers d’arbres. L’apnéiste Guillaume Néry, détenteur de quatre records du monde et champion du monde en titre dans la discipline du poids constant (descente et remontée à la palme), a laissé la place à l’immensité dans ses poumons et à l’enthousiasme dans sa vie.

Adolescent, il a un coup de foudre esthétique en découvrant l’univers d’Umberto Pelizzari : il sait qu’il ira, lui aussi, dans le grand bleu. Il a des prédispositions pour l’apnée qu’il pratique dans son lit, se découvrant une capacité pulmonaire exceptionnelle : 6 litres à 14 ans, près de 9 litres aujourd’hui (elle est de 7 litres en moyenne pour un adulte). Son goût irraisonné pour explorer les limites de son corps et une attirance vers l’inconnu lui font embrasser le destin d’apnéiste. A 31 ans, le beau Niçois est l’ambassadeur d’une discipline aussi pure qu’austère et dangereuse.

Vivre, respirer à 200 %

Face à la rade de Villefranche-sur-Mer, Guillaume Néry se prépare à plonger. Il glisse dans une temporalité différente. Le temps de l’eau. C’est un autre corps qui advient et ondule, gracieux, puissant. La peau et toutes les cellules de ce véritable ondin retrouvent leur vérité. « Sous l’eau, je me sens chez moi. Je retrouve mon identité, mon corps, ses repères. Cela me régénère et me remplit de joie. » Après un jeûne complet de sept jours qu’il a entrepris pour se purifier après l’hiver, Guillaume a fait peau neuve. Il retourne dans l’eau vivre les sensations qui lui sont si nécessaires.

L’athlète vise le record du monde en juin et remettra son titre de champion du monde en jeu en septembre. Deux objectifs omniprésents dans son quotidien. « Chaque matin, j’organise ma journée en fonction de mon entraînement. » Natation, vélo, musculation, ski de fond… Sa préparation physique est indissociable d’une hygiène de vie centrée sur la pratique du yoga et une alimentation saine. « Rien de drastique. J’ai seulement adopté de grandes règles comme éviter le lait et le gluten qui encrassent l’organisme. Je mange des superaliments comme les baies de goji, la spiruline ou le safran grec connu pour ses vertus antioxydantes. » Etre au top de ses possibilités, vivre, respirer à 200 %.
Les yeux de Guillaume Néry défient l’obscurité comme certains toisent le soleil sans ciller. Apanage de rares élus, la profondeur intimide bien des apnéistes, y compris ceux qui ont marqué l’histoire de la discipline. Descendre à plus de 120 mètres, où il fait noir et froid, avoir juste assez d’air, remonter à la palme en dépit de la pression… Ils ne sont qu’une poignée à relever ce défi aux limites du corps humain. « J’ai toujours été fasciné et attiré par la profondeur. Cela m’est naturel d’aller vers l’inconnu. Je me sens en confiance dans ce monde sans limite. » En s’enfonçant dans l’océan, celui qui rêvait de devenir astronaute regarde loin en lui. La pression et le froid le repoussent dans les confins de son corps, à l’écoute de microsensations : l’écoulement de l’eau sur son visage, l’écrasement de sa cage thoracique, les pulsations ralenties de son cœur. Il a dissous ses peurs dans l’océan pour vivre une symbiose avec l’élément.
Cela fait des années qu’il modèle son corps pour la mer. « Jusqu’à 22 ans, je plongeais cinq fois par semaine en mer, avec deux entraînements profonds, toute l’année. J’ai ainsi façonné mon corps au milieu marin et à la profondeur. » Homme-dauphin ? La transformation est bien physique, organique, cellulaire. L’entraînement et la répétition des plongées ont accentué le réflexe d’immersion : dès sa mise à l’eau, son rythme cardiaque ralentit très vite et son sang se concentre instantanément dans les organes vitaux. Un réflexe qui réduit les besoins en oxygène et potentialise les apnées. Mais la profondeur impose d’autres adaptations. Comment les poumons endurent-ils la pression ? L’écrasement de la cage thoracique étant limité, après les 40 premiers mètres se produit une érection pulmonaire : la paroi des poumons se gorge de sang et s’épaissit. En plongeant régulièrement en profondeur, les tissus deviennent plus réactifs et élastiques. « Je n’ai jamais craché de sang, ce qui est pourtant assez fréquent en plongée profonde. Peut-être parce que j’ai commencé très jeune. » Il faut aussi que les oreilles supportent le milieu hyperbare. « Pour compenser, je soulève le faux palais, comme lors d’un bâillement, pendant toute la plongée. » Là encore, Guillaume a une prédisposition rare. Le perfectionnement de ses dons rend le voyage possible.
Un voyage dans les profondeurs de soi, une échappée dans un autre monde qui se mesure en chiffres. En novembre dernier, Guillaume a atteint 123 mètres dans le Blue Hole des Bahamas, à trois mètres du Russe Alexey Molchanov qui a décroché la plaquette à 126 mètres. « Passer les 120 mètres, c’est une frontière psychologique. Le chiffre intimide, cela fait des années que j’y pense. Mais je ne pars pas pour ça. Ma quête est de plonger dans la maîtrise totale de ce que je fais, dans le respect absolu de mon corps, pour le plaisir avant tout. »

“Aller au fond intérieurement”

Dans cette quête hédoniste de l’extrême, Guillaume Néry plonge d’abord mentalement. Il rejoue sa performance des dizaines de fois avant de la réaliser sous l’eau. « Je dois déjà être allé au fond intérieurement. Seconde par seconde, mètre après mètre, je visualise ma plongée. Après une séance de yoga, je mets mon pince-nez et réalise toutes les étapes-clés de mon apnée. Lorsque je plonge en mer, je n’envoie que mon corps physique. Mon mental sait déjà ce qui va se passer. »
Le temps de la descente est millimétré. Une séquence de 1 minute 55 secondes pendant laquelle se jouent les phases les plus techniques de sa plongée. Les secondes, les mouvements, les mètres sont comptés. Au cours de la remontée, en revanche, le temps se comprime et se fait volatile : 1 minute 35 secondes d’efforts physiques intenses qui semble pourtant très courte à Guillaume. La narcose entre en jeu. L’excès d’azote dans le sang agit sur le système nerveux. Les pensées sont très saccadées, les échanges physiologiques s’accélèrent. « J’ai peu à peu apprivoisé ces ivresses des profondeurs qui sont plus ou moins agréables. » Lâcher prise s’impose : « Il faut juste garder un brin de conscience et laisser filer les pensées. » Sa compagne, Julie Gautier, vient de mettre en scène ce phénomène dans un court-métrage étonnant, « Narcose », en cours de finalisation. On y suit Guillaume lors de sa remontée d’une plongée profonde, en proie à des hallucinations. La première inspiration est une libération. Surgissant du monde du silence, de l’obscurité, de la solitude, il fait irruption dans la lumière, l’air, le son, la chaleur et la présence du monde. C’est une forme de naissance. Faire l’expérience du grand bleu, c’est revenir de là où personne ne va. Renaître à soi et aux autres, encore et encore. Vivre mille vies.

http://www.cles.com/depassement-de-soi/article/en-apnee-je-plonge-en-moi

Guillaume Nery en conférence au TEDx de Toulouse

Un beau voyage, le temps d’une descente jusqu’à -123 mètres pour nous expliquer ce qu’il se passe dans le corps, dans la tête, les sensations, le lâcher-prise, la connexion avec soi et avec l’instant présent, le froid, le bleu, tout ce qui fait que l’être humain est naturellement entraîné, happé par la profondeur. Et pour terminer, car l’apnée ce n’est pas que ça, loin de là, Guillaume Nery nous encourage à prendre un masque, des palmes, et à regarder le monde du dessous, le monde intérieur, car nos origines nous viennent de ce bleu…

Monopalme Oleg

imageUne fois n’est pas coutume, un article pour parler un peu matériel, et plus particulièrement monopalme. Pour les néophytes, le monopalme sert à propulser l’apnéiste par un mouvement ondulatoire (nage en dauphin) qui part du haut du dos (entre les omoplates exactement) et qui se répercute jusqu’aux pieds, donc jusqu’au monopalme. Il est utilisé dans deux disciplines : le dynamique (parcourir en apnée la plus longue distance possible en piscine) et le poids constant (atteindre en apnée la profondeur maximale en mer).

Savoir nager avec un monopalme est un art passionnant. Car il requiert patience et persévérance : deux années de pratique ne sont pas rares pour qui souhaite nager correctement. Vous trouverez dans l’article précédent des vidéos de grands champions maîtrisant parfaitement la technique ondulatoire en monopalme : http://apnee-savoie.com/2013/01/21/alexei-molchanov-william-trubridge/

Afin de débuter, rien ne sert d’investir dans un monopalme de compétition, c’est même avec de petites palmes de natation que l’on apprend le mieux le mouvement ondulatoire ! Car si votre geste a des défauts, vous pouvez les corriger car vous n’avancez pas ou très peu. Tandis que si vous attaquez tout de suite avec un beau monopalme flambant neuf, vous ne corrigerez que bien trop tard votre geste…

Il existe quantité de fabricants de monopalmes, de bons ou de moins bons. Et il y en a un excellent : la marque OLEG (du nom de son créateur Oleg Pudov). Installé près d’Aix-enProvence, il est concepteur et co-producteur de monopalmes en carbone et en fibre de verre. Bon nombre de champions se sont faits confectionnés leur monopalme par Oleg : Guillaume Nery, Georgette Raymond, Morgan Bourchis, Frédéric Sessa, etc.

Il est également et surtout entraîneur de nage avec palmes depuis 1979. Sa carrière a débuté en URSS à Perm. En France depuis 1999, il enseigne à Toulouse, La Ciotat, et depuis 2005 à Aix-enProvence. Il entraîne des nageurs de haut niveau aussi bien en URSS comme : ANDREI GORBUNOV, SVETLANA NAIDANOVA, EDOUARD MAKHINOV, ELENA VAFINA, IRINA TATARINOVA, NATALIA MOTOVILOVA, ANDREI PREASCA , qu’en France comme : CINDY CASILLO, JEAN MARC PERKOVIC, MARINE DOISY, ALEXANDRE NOIR, AMANDINE NOIR, JEANNE SERY. Le bonhomme sait donc de quoi il parle quand il vous conseille sur votre technique ou sur le choix du matériel ! En plus de la qualité des conseils, de la qualité de finition, de la qualité de fabrication, notre homme est très facile à contacter, il répond rapidement, il expédie le fruit de son travail rapidement, bref, du bonheur !

Vous pouvez personnaliser votre monopalme, demander à ajouter des ailettes latérales, demander à avoir une housse de transport, demander conseil pour le choix des matériaux et de la dureté du monopalme, etc. Evidemment, c’est du travail d’orfèvre, évidemment cela a un prix, mais quel régal lorsqu’on reçoit son nouveau monopalme taillé sur mesure, et quel pied quand on l’essaie pour la première fois en piscine…

Toutes les infos sont sur le site web d’Oleg Pudov : https://sites.google.com/site/theolegpowerfins/matos-powerfin

Et ici une excellente interview de PSMCafé : http://www.psmcafe.com/index.php?mact=News%2Ccntnt01%2Cdetail%2C0&cntnt01articleid=874&cntnt01origid=15&cntnt01detailtemplate=SampleArticles&cntnt01returnid=82

Guillaume Nery

Photo Franck Seguin, Paris Match, tous droits réservés.

Un excellent article (merci Alex !) de Luc Le Vaillant paru avant-hier dans Libération à propos de Guillaume Nery, un apnéiste avec qui nous nous sentons proches de par ses valeurs, ses réflexions et ses rêves…

Champion d’apnée, ce Niçois descend pour élargir son champ d’expérience, mariant sport, méditation et mise en scène.

Par LUC LE VAILLANT

Il voulait être astronaute. Il pensait aussi à devenir astronome. Aujourd’hui, encore, on le sent hésiter entre l’aigu de la performance et la vastitude de la connaissance de soi. Ces deux désirs, ces deux univers, il tente de les accoupler.

Sportif et introspectif, plus stellaire que starisé, Guillaume Néry, 31 ans, est un champion de plongée qui rêve parfois d’être le premier humain à débarquer sur Mars. En mer, il descend tout en bas, en apnée, sans masque, sans gueuse, sans ballon gonflable. Au ciel, il monterait bien très haut, malgré la lourdeur de la technologie spatiale. Mais quand on tente de l’apparenter à Félix Baumgartner, le para autrichien aux 39 km de chute libre, Néry prend de la distance. Il dit : «C’est beau, mais on a senti la lourdeur de l’opération marketing.» Néry poursuit d’autres buts : relativiser le poids de la condition humaine, faire de son corps un être évanescent. Suivons-le dans ces allers-retours entre ici et en bas.

Au niveau de la merIl est au ras de l’eau, nez au ciel, tête en l’air. Il s’hyperventile à goulées pressées, en petit chien fureteur, puis il bascule vers les abysses, avec une douceur surprenante. Il palme majestueusement, bras projetés en heurtoir avancé.

Depuis le Grand Bleu, la pensée commune veut que les apnéistes s’assimilent à des dauphins, animaux frères, passeurs en intelligence, communicants stridents. Flirtant avec l’autodérision, Néry se préfère cachalot, seul mammifère marin à descendre à 3 000 mètres, mammouth des profondeurs à la mâchoire prognathe et à l’élégance embarrassée. En civil, Néry est plutôt laminaire pensante, grande chose ondulatoire déterminée par la mécanique des fluides. Il mesure 1,85 mètre, pèse 73 kilos et affine une silhouette de mannequin marsouin, frange délavée sur ligne de sourcils à horizon dégagé, manières douces et voix juvénile enveloppant un vocabulaire construit, élaboré, agrémenté de toute la profondeur requise. Le sex-appeal à pince-nez faisait déjà son effet malgré l’isotherme des combinaisons. Un clip aquatique a révélé son charisme en dette d’oxygène. Néry marchait sous l’eau, Christ descendu par choix, et pas les bras en croix. Il finissait par se laisser happer par le vide interdit, basculant dans la fosse fatale où l’entraînait son aisance. Cette vidéo a fait merveille pour ses difficiles chasses au trésor. La publicité et la chanson l’ont stipendié en conséquence. Oh, ne rêvez pas, toujours à des tarifs très raisonnables ! Ajoutez quelques conférences en entreprises, l’apport d’une marque de montre, d’autres équipementiers et de la ville de Nice, et Néry se retrouve l’un des seuls à vivre de son sport quand ses copains doivent faire pompier ou éducateur. Il se rémunère grosso modo 4 000 euros mensuels quand il ne lui faut pas réinvestir pour de nouveaux tournages, harponneurs d’annonceurs.

A – 35 mètres. Passé cette limite, tout corps plongé dans l’eau accélère sa descente sans plus aucun effort. La flottabilité devient négative. Bye bye Archimède ! Le noir gagne. Et le plongeur peut se la raconter immersion métaphysique. Néry : «L’apnée, c’est passer de l’autre côté du miroir, couper avec la vie terrestre.» Il aime s’affronter à l’immensité, à l’inconnu. Il se voit spationaute égaré dans le cosmos de ses questionnements. Il lui arrive même de s’imaginer«petit point bleu pâle perdu au milieu de rien», tel la terre mère devenue refuge microscopique quand regardée depuis la sonde Voyager, aux confins du système solaire.

Ado, Néry découvre l’apnée à Nice sous la houlette de Claude Chapuis. Celui-ci veut couper avec la philosophie orientalisante et doloriste qui pouvait encombrer les esprits au temps de l’époque héroïque de la discipline. Chapuis veut démontrer que «l’apnée peut être fun», qu’on peut y aller «en rigolant», que c’est un sport. Il leur dit : «Regardez, pas besoin d’être un grand yogi pour y parvenir!»

Aujourd’hui, passé 30 ans, Néry prend ses distances avec cette laïcisation de l’exercice. Fils d’une prof de maths et d’un technicien en médecine nucléaire, il est pourtant de culture cartésienne. Il dit : «Je croyais à la science, au progrès.» Il a bougé, a lu la Faim du tigre de René Barjavel, s’est intéressé «à la magie du corps humain», s’est ouvert à la méditation, au bouddhisme. Désormais, il peut bien exceller en ski de fond, en vélo, en escalade, il trouve que «le yoga est un excellent complément». Il tente d’hybrider tout ça. Il veille aussi à ne pas se lester exagérément du souvenir de Loïc Leferme, modèle admiré et grand frère regretté, disparu lors d’un entraînement pour cause de matériel défaillant.

A – 119 mètres. Quasi à l’aveugle, car il ne porte pas de masque, il décroche la plaquette qui valide sa descente. Les poumons rétrécissent, le rythme cardiaque ralentit, l’état de conscience vacille. Il en dit : «T’es loin. T’es déconnecté. T’es complètement écrasé. Mais, c’est très agréable.» Le record du monde est à – 125 mètres. Il est détenu par un jeune Russe, fils d’une plongeuse vedette. Néry a 6 mètres à gagner, peut être dès cette semaine aux Bahamas. Cela ne se fait que pas à pas. Il dit : «Je crois au hasard. Je fais les choses avec douceur. Ça viendra.» Il ajoute : «L’apnée révèle notre état profond. C’est une question d’équilibre sur le long terme et non de préparation extrême.»

Il faut palmer sévèrement pour remonter vers la lumière. La narcose guette, tapie en murène psychédélique dans la grotte d’un cerveau gavé d’azote et de CO2. Néry : «Il faut la laisser venir, accepter que coexistent deux niveaux de conscience.»

Avec bouteilles, l’ivresse des profondeurs fait planer, «façon cannabis». En apnée, cela ressemblerait plus «à des trips d’acide». Les images viennent par flashs colorés, les pensées percutent les angoisses, qui succèdent aux délires. Néry s’imagine marié avec sa compagne Julie Gautier, plongeuse elle aussi, née à La Réunion, biologiste marine. Ou, avant qu’elle ne naisse, il fait déjà exister leur toute petite fille, Maï-Lou. Les images qui s’entrechoquent n’ont plus rien à voir avec celles d’Hergé et du Trésor de Rackam le Rouge qu’il feuilletait, enfant. Elles ressembleraient plus aux geysers sanglants de Drive, l’un de ses films culte. Et la musique qui baignerait le tout serait celle de Björk, «pour sa capacité de réinvention» et aussi «pour ses évocations de l’Islande, terre brute où l’élément est fort». Néry se décrit écolo, mais il préfère«éviter de jouer les donneurs des leçons». Et puis aussi «de gauche», sans hésitation.

A – 5 mètres. Il cesse enfin de palmer, remonte sur la lancée. L’aller-retour a duré 3 minutes et demi quand, immobile, un apnéiste peut tenir 11 minutes.

Il émerge à sa guise, à sa façon souple et lucide, échappant à l’ombre portée d’Enzo (Maiorca), de Jacques (Maillol) et autres vedettes du delphinarium mythique. Facile, réfléchi, il brise le miroir bleuté qui le ramène à la décevante surface des choses. 

En 6 dates

11 juillet 1982 Naissance à Nice. 1996 Débute l’apnée. 2002 Record du monde junior (-87 m). 2010 Réalise Free Fall, court métrage. 2011Champion du monde à Kalamata (Grèce) avec -117 m. 20 au 30 novembre 2012 Championnat du monde aux Bahamas.

Source : http://www.liberation.fr/sports/2012/11/18/guillaume-nery-il-fait-la-plonge_861318

Championnat du monde d’apnée AIDA 2012

Dernières actus :

- 15 septembre : la France est double vice-championne du monde ! Chez les hommes, la Croatie arrive 1er, la France 2ème, la république Tchèque 3ème. Chez les femmes, le Japon arrive 1er, la France 2ème, la Serbie 3ème. Encore un grand bravo à tous et merci de nous avoir fait vibrer !!
– 15 septembre : dernier jour de la compétition avec l’épreuve de dynamique monopalme (DYN), et encore de très belles performances ! Côté garçons, Morgan Bourc’his fait un beau 227m, Frédéric Sessa sort à 213m, Guillaume Nery est à 174m. Côté filles, Sophie Jacquin sort la tête à 176m, Alice Modolo fait 150m et Aurore Asso sort à 125m.
– 14 septembre : épreuves de statique (STA) aujourd’hui, la France se classe en deuxième position, aussi bien pour les femmes que pour les hommes. 7.05min pour Frédéric Sessa, 6.42min pour Guillaume Nery, 6.37min pour Morgan Bourc’his, 6.11min pour Sophie Jacquin, 4.58min pour Alice Modolo, 4.19min pour Aurore Asso, bravo à toutes et tous ! Demain, dernière journée, dernière épreuve : le dynamique monopalme (DYN).
– 13 septembre : contrat rempli pour la France en poids constant, toutes les annonces ci-dessous ont été réalisées et validées !
– 12 septembre : les épreuves de poids constant sont momentanément suspendues à cause de la houle ne permettant pas des conditions de sécurité optimales. Ivo Truxa (apnea.cz) fait une projection tenant compte des annonces de chacun, si tout se passe comme prévu, l’équipe de France féminine est potentiellement 2ème, l’équipe de France masculine est potentiellement 1ère !
– 11 septembre : Aurore Asso 76m et Guillaume Nery 114m en CWT. Bravo à eux !
– 9 septembre : le temps des annonces pour le poids constant (CWT). Guillaume Nery 114m, Morgan Bourc’his 91m, Frédéric Sessa 65m, Aurore Asso 76m, Alice Modolo 71m, Sophie Jaquin 51m.
– 8 septembre : début officiel de la compétition. Accueil et validation des inscriptions des compétiteurs. Les deux équipes françaises ( masculine et féminine) sont fin prêtes.

Du 8 au 16 septembre 2012 a lieu le Championnat du monde d’apnée AIDA 2012, à Villefranche-sur-mer, près de Nice.

L’équipe AIDA FRANCE est composée des membres suivants : Aymeric ALLARD, Aurore ASSO, Morgan BOURC’HIS, Marie DEVANLAY, Nicolas GIRARDIN, Sophie JACQUIN, Isabelle LARA, Solenn LAUNAY, Frédéric LEMAITRE, Christian MALDAMÉ, Alice MODOLO, Guillaume NERY, Cyril PAULET, Frédéric SESSA, Stéphane TOURREAU, et Jérôme VIGOUREUX-PELTIER.

Nous vous tiendrons informés des résultats au fur et à mesure de la compétition. En attendant, bonne chance à tous et on pense à vous !

Plus d’informations sur : http://www.aidafrance.org

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