3ème Manche de Coupe de France AIDA à Cluses

GUILLAUME NÉRY , APNÉISTE  ( catégorie " Poids Constant " ) , À L'ENTRAÎNEMENT AU LARGE DE NICE , EN VUE DE SA TENTATIVE DE RECORD EN APNÉE  À -108 m LE 2 SEPTEMBRE 2006 À NICELe 21 avril 2013, nos amis du Club de CLUSES (Haute-Savoie) organisent la 3ème Manche de la Coupe de France AIDA. Cette année la Haute-Savoie a fait sienne notre belle activité et nous ne pouvons que les encourager à poursuivre dans cette voie !

Nous étions une petite équipe composée de Philippe Guilloux, de Régis Delorme (en tant que bénévole) et de votre fidèle rédacteur Nicolas Fougerousse. Qu’est-ce qu’il est agréable de ne pas faire beaucoup de route pour se rendre à une compétition !

Il y avait environ 25 compétiteurs pour cette première compétition organisée à Cluses (3ème manche de Coupe de France AIDA s’il vous plait), un grand bravo aux organisateurs !

L’épreuve de statique débute, les temps montent progressivement, et c’est Régis Scarone qui prend la première place avec 7.22 min ! Suit Guillaume Bussière avec 6.31 min, puis Jérôme Chapelle avec 6.30 min. Nicolas Fougerousse termine 6ème avec 5.19 min. Chez les femmes, c’est Béatrice Bozon qui prend 1ère place avec 5.32min ! Vient Hélène Schwann avec 5.31min, puis Lynne McGregor avec 4.14min.

L’épreuve de dynamique sans palmes maintenant. Il y a aussi du beau monde ! Guillaume Bussière nous assure un beau 158 mètres, Nicolas Proquin avec 135 mètres, et Pascal Reboul aussi à 135 mètres. Nicolas Fougerousse termine 5ème avec 121 mètres et Philippe Guilloux 6ème avec 120 mètres ! Philippe est à suivre, il s’est fait remarqué à Nîmes il y a deux semaines avec un splendide 150 mètres en bi-palmes… Chez les femmes, C’est Barbara Jeschke qui emporte l’épreuve avec 92 mètres ! Madelaine Roux n’est pas loin avec 83 mètres, puis Béatrice Bozon encore avec 70 mètres.

Puis le dynamique avec palmes, dominé par Guillaume Bussière avec 185 mètres, Nicolas Proquin avec 154 mètres, et Franck Caillet avec 150 mètres ! Lionel Morel s’octroie également un beau 150 mètres. Chez les femmes, c’est Vanessa Perret qui avance jusqu’à………131 mètres ! Barbara Jeschke talonne avec 125 mètres, et Hélène Schwann finit avec 109 mètres.

Au combiné, Lionel Morel emporte le bronze, Franck Caillet l’argent, et Guillaume Bussière l’or ! Quelqu’un a-t-il les résultats du combiné Femmes ? Bravo à tous et à l’année prochaine on espère !

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4ème Manche de Coupe de France d’apnée Besançon 2013

Besançon apnée 2013

BESANÇON 2013 : « CEST GRÂCE À SES ERREURS QU’ON S’AMÉLIORE. »

Pour la deuxième fois, notre petite équipe a été présente à la 4ème Manche de Coupe de France d’apnée à Besançon ces 16 et 17 mars 2013.
L’épreuve de dynamique avec palmes (DYN) a eu lieu le samedi en fin d’après-midi. Les épreuves de statique (STA) et de dynamique sans palmes (DNF) ont eu lieu respectivement le lendemain matin et le lendemain après-midi.
Pour cette compétition, un seul objectif : se qualifier pour le Championnat de France d’apnée qui aura lieu à Montluçon en mai 2013 !

C’est donc grâce à ses erreurs qu’on s’améliore, mais ça fait aussi du bien de pouvoir compter sur ses points forts ! Cette compétition n’aura donc pas été un bon cru pour notre Club…

Nous étions deux à représenter Apnée Savoie pour cette 4ème Manche de Coupe de France à Besançon : Philippe Guilloux et Nicolas Fougerousse. Tout démarre samedi matin pour le co-voiturage, nous nous retrouvons tous ensemble avec 3 membres du Club Eau Libre d’Annecy : Stéphane Tourreau, Vanessa Perret, et Reda Guerhia (en tant que juge). L’arrivée à Besançon se fait à 14 heures, un petit détour par la piscine, un autre par l’hôtel, rendez-vous est donné à 16 heures pour l’accueil des compétiteurs. La pression est palpable mais l’ambiance toujours bon enfant : la première épreuve commence à 18 heures : le dynamique avec palmes. Les horaires de passage sont affichés bien tardivement, suite à des annulations ou des personnes qui ne se sont pas présentées. Chacun s’échauffe, se concentre, visualise, écoute de la musique, se détend, fait du yoga, etc.

Vanessa Perret est la première à passer et sort avec un magnifique 125 mètres ! Il y a du potentiel… Nicolas Fougerousse part également et sort à 149 mètres. Au tour de Philippe Guilloux qui termine sur un beau 130 mètres ! Enfin Stéphane Tourreau part………..et sort à 172 mètres ! La compétition commence bien… Maintenant repos jusqu’à demain pour les deux épreuves de statique et de dynamique sans palmes.

Mais patatra, tout va bien, sauf jusqu’à l’affichage des résultats officiels après la fin de l’épreuve de dynamique avec palmes. Sur l’ensemble des 52 compétiteurs et compétitrices, 8 performances (plus de 15%) seront purement et simplement validées à 0 mètre, pour cause de « nage en surface / fesses sorties au virage »…. dont les deux membres de notre club….. La déception est énorme…. D’autant plus que c’était la seule compétition à laquelle nous participions pour pouvoir nous qualifier pour les Championnats de France en mai à Montluçon… Mais le règlement est le règlement, et chacun doit s’y soumettre, c’est aussi ça le sport.

Quelques apnéistes ont demandé des explications, d’autres ont été beaucoup plus agressifs dans leur attitude. Le règlement stipule que la nage en surface donne lieu a une annulation de la performance. Il est vrai que le bassin de Besançon est spécifique (ce n’est pas le seul en France), avec d’un côté du bassin 1.20 mètre d’eau, de l’autre côté 4.00 mètre d’eau. L’apnéiste, lors de sa performance, doit donc passer du temps et de la concentration pour gérer sa position entre la surface et le fond du bassin. Et faire un virage dans 1.20 mètre requiert une concentration particulière. On aurait aimé simplement avoir une pénalité (comme les fautes de virage par exemple), mais encore une fois le règlement est le règlement. Quoi q’il en soit, une attitude non-pacifiste et non-constructive ne devrait jamais avoir lieu au bord des bassins. Aussi, lors des réclamations des apnéistes vis-à-vis du jury, peut-être faudrait-il prévoir à terme un système de délégué ? Les apnéistes en réfèrent à un délégué en cas de réclamation, ce dernier en réfère au jury, de façon à éviter des heurts. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les membres d’un jury, tout comme les organisateurs, les apnéistes de sécurité, bref toutes les personnes qui travaillent dans l’ombre, le sont à titre bénévole. Et de l’autre côté, nous avons des apnéistes-compétiteurs qui ont passé des centaines d’heures d’entraînement, de plaisir souvent, mais aussi de souffrance, voire de sacrifices. Il est donc humain et difficile d’arriver à trouver un terrain d’entente pour que tout le monde soit satisfait. C’est justement le rôle d’un règlement. Puissions-nous voir celui-ci s’améliorer d’années en années grâce à un dialogue constructif de toutes les parties en jeu, et aussi à ne plus voir d’attitudes violentes au bord des bassins. Nous n’avons tous qu’un seul rêve : que notre sport, l’apnée, voire notre mode de vie, soit reconnu à tous les niveaux, qu’il puisse être médiatisé, qu’il puisse se structurer, afin que chacun y trouve son compte, non seulement à titre individuel, mais aussi à titre collectif.
Donc pour continuer nos aventures, le soir nous nous retrouvons autour d’une bonne table du centre-ville de Besançon, l’heure est aux discussions mais aussi et surtout aux franches rigolades ! Cela fait du bien au moral…
Le lendemain, dimanche 17 mars, arrive l’épreuve de statique. Stéphane Tourreau est l’un des premiers à passer, et sort à 5.33 minutes ! Vanessa Perret s’élance également et part sur une très belle apnée de  4.45 minutes environ ! Au tour de Philippe Guilloux……….qui malheureusement s’endort aux alentours des 5.30 minutes et tombe en syncope……… Enfin Nicolas Fougerousse part et sort à 4.53 minutes.
Après la pause déjeuner (en général assez restreinte pour la plupart d’entre nous !), vient la dernière épreuve : le dynamique sans palmes.
Résultats : Stéphane avec 108 mètres environ, Vanessa avec une belle performance à 83 mètres environ, et Nicolas Fougerousse sort à 103 mètres….. mais cette performance est invalidée car de nouveau « nage en surface / fesses sorties au virage », décidément quand les fesses veulent sortir, rien ne les en empêche !
Au dernier moment, Stéphane Tourreau décide de s’inscrire à l’épreuve du 16 x 50 mètres, une discipline épuisante et spectaculaire… Et il a bien fait : il termine 3ème avec 13.36 minutes !
Au final donc, Stéphane Tourreau et Vanessa Perret nous ont offert un magnifique podium : tous deux sont présents sur la 3ème marche du classement combiné. Vive les amoureux ! Vanessa repart avec deux médailles de bronze au dynamique sans palmes et au combiné. Stéphane repart avec trois médailles de bronze, au dynamique avec palmes, au 16 x 50m, et au combiné.
Et les deux grands gagnants (4 médailles d’or au total) sont deux membres de l’équipe de France, avec chez les hommes, Romain Doris, et chez les femmes, Georgette Raymond ! Bravo à tous !

Herbert Nitsch sort du silence

Herbert-Nitsch / Contact : phil.simha@gmail.com
Photographe : Phil Simha, Tous droits réservés.

Des nouvelles de Herbert Nitsch sont toujours les bienvenues, malheureusement son accident ne lui permettra sans doute plus de plonger comme il le faisait auparavant…

Source : article web RED BULLettin en date du 28 février 2013, traduction de France Apnée.

« Après des mois et des mois de silence, l’apnéiste autrichien Herbert Nitsch, âgé de 42 ans, livre une interview émouvante pour « The Red Bulletin ». Rappelons que le 6 juin 2012, Herbert devait battre le record du monde de No Limit en le portant à 244m au large de Santorin. Les médecins lui avaient fait savoir qu’il serait impossible de plonger aussi profond. L’apnéiste est bien descendu à cette profondeur, mais c’est la remontée qui allait bouleverser sa vie…

Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez de cette plongée?
Herbert : Je ne peux pas le dire. Nous avons passé en revue les vidéo des dizaines de fois et mes souvenirs se confondent avec ce que je vois. Mais la chose importante est que nous pouvons dire avec certitude que l’accident s’est produit. Et que rien de tel ne s’était jamais produit auparavant.

Qu’est-ce qui s’est exactement passé au cours de ces quatre minutes de plongée?
Herbert: Je suis descendu à 244m comme prévu. Je me suis évanoui à une profondeur d’environ 100 m au moment de la remontée.
Ce que je voulais c’était de descendre avec la gueuse, maîtriser ma remontée lentement puis faire un palier d’une minute à 10m. Si cela c’était produit comme ça, rien ne serait arrivé. Mais je me suis évanoui à cause de la narcose à l’azote, même si les médecins pense que c’est l’accident de décompression qui m’a fait perdre connaissance. Dans tous les cas, la gueuse avec Herbert inconscient est remontée à 10m trop rapidement. La gueuse s’est arrêtée automatiquement alors que j’étais inconscient. Les plongeurs de sécurité m’ont sauvé. J’aurais pu me noyer parce que j’ai été attaché à la gueuse.

Avec la vidéo, on peut voir qu’une fois en surface vous êtes redescendu de suite. Pourquoi?
Herbert: J’ai pris un peu d’oxygène pur et je suis redescendu à 10m pour endiguer l’accident de décompression. J’étais programmé pour faire ça; je l’ai fait de manière inconsciente. Je ne me souviens pas de quoi que ce soit à propos de ces quelques minutes.

D’un point de vue médical, vous avez probablement eu un accident vasculaire cérébral, n’est-ce pas?
Herbert: Pour faire simple, l’air est composée de 20% d’oxygène et 80% d’azote. Pendant une plongée, l’oxygène dans le sang est consommé et l’azote est comprimé à la descente. Si vous remontez trop vite, l’azote augmente de volume, de manière explosive. C’est ce qui se passe quand vous faites sauter un bouchon de Champagne. C’est pareil dans le sang et ce n’est pas bon du tout pour vous. Les petites bulles d’azote se sont formées à la remontée et lorsque j’ai émergé cela a déclenché un accident vasculaire cérébral.

D’où venaient ces petites bulles d’azote pour causer autant de dégâts?
Herbert: Plusieurs parties de mon cerveau ont été touchées, heureusement, la plupart du temps dans la partie inférieure, la partie arrière de la tête et non pas derrière le front, car c’est là que les traits de personnalité sont situés. Donc, même si je suis loin d’être la personne que j’étais avant, quand il s’agit de ma personnalité et de mon caractère, je suis toujours la même personne. J’ai pu m’en sortir en changeant ma façon de faire.

Des troubles neurologiques, de la difficulté à trouver ses mots et des pertes de mémoire sont tous des symptômes typiques d’AVC. Est-ce certains de ces troubles se sont manifestés?
Herbert: Je suis conscient de ces problèmes et je souffre de certains d’entre eux. Mais je suis devenu assez bon maintenant pour trouver une autre façon de dire les choses quand je m’aperçois que je ne trouve pas le mot.
Si vous me posez une question en deux parties, je vais probablement répondre à la première partie et oublier la seconde.
Je viens de me rappeler du mot de passe de mon ordinateur récemment, par hasard. Et les noms; j’avais oublié les noms de presque tout le monde.

Que diriez-vous du point de vue motricité?
Herbert: Je marche à nouveau sur mes deux pieds. Je n’utilise pas un fauteuil roulant, de canne ou de déambulateur. C’est vraiment un grand progrès, mais ce qui est bizarre c’est que j’ai la sensation d’être fait de bois. Et si je ne me concentre pas, ma jambe droite vacille comme si elle se balançait de ma hanche. Si j’essaie de courir, c’est encore plus drôle, c’est comme un mélange entre pas de l’oie et la Lambada.

Votre discours est très rarement perturbé.
Herbert: Si j’essaie de parler vite ou quand il y a des mots plus compliqués, c’est trop rapide pour ma langue. Ou plutôt, trop rapide pour la conduction nerveuse entre mon cerveau et ma langue. Mon discours finit par sonner pâteux, comme si j’étais un peu ivre. Curieusement, l’anglais vient à moi beaucoup plus facilement que mon allemand natif. Je ne sais pas pourquoi.
En général le côté droit de mon corps est encore très limité dans ce qu’il peut faire.

Êtes-vous droitier?
Herbert: Oui, je le suis. Ce serait un désordre complet si j’essayais par exemple de verser le thé dans une tasse avec ma main droite. J’ai dû apprendre à écrire de la main gauche, même si c’est juste pour le plaisir d’avoir à nouveau une signature. Si j’utilise ma main droite, mon écriture ressemble à un gribouillage, comme un gosse d’école primaire essayant d’usurper l’identité d’un adulte.
Je commence toujours par me brosser les dents avec ma main droite pour l’entraîner, je ne passe qu’à ma main gauche que lorsque mon épaule est trop fatiguée. »

Par Ron Mueller et Arek Piątek
Source : article web RED BULLettin en date du 28 février 2013, traduction de France Apnée.

On l’aura compris Herbert Nitsh, encore diminué par son accident, reste un battant. Cet athlète-aventurier d’exception veut désormais s’investir dans la protection des océans.

Pour aller plus loin : http://www.herbertnitsch.comhttp://www.sunfishproductions.com.