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Des nouvelles d’Herbert Nitsch par Libération.fr

Herbert Nitsch. (Photo Reiner Riedler et captures GoPro Herbert Nitsch.)
Herbert Nitsch. (Photo Reiner Riedler et captures GoPro Herbert Nitsch.)

Herbert Nitsch s’est confié au journal Libération, auprès de Sabrina Champenois. Voici quelques nouvelles recopiées :

« Herbert Nitsch. Il ne manque pas d’air.

Figure de la plongée en apnée «no limit», l’Autrichien frappé par un AVC en plein record du monde, se remet. Et replonge.

Herbert Nitsch est un moyen format. Au jugé, 1,80 m (en réalité 1,86), 75 kilos (juste). Tout ça en chemisette blanche sur jean, rien de transcendant. Son regard en revanche, cloue. Deux calots noirs abyssaux, très calmes, très fixants, grâce auxquels on le repère illico dans le restaurant du rendez-vous, à Vienne, où il vit depuis toujours. Ajoutés à sa boule à zéro, les calots font, à ce fils de banquier, une tête d’action hero. Ce qu’il était, avant. Ce qu’il demeure, au fond. Bien qu’il reste du côté droit empêché, entravé, ce qui se voit quand il se déplace. Patte un peu folle, marche un brin robocopique. On se dit alors que ce gars-là a un putain de mental, qui l’exclura toujours du camp des plaintifs. Qui ne doivent pas être sa tasse de thé, d’ailleurs. Mais il est possible qu’on se trompe. Herbert Nitsch est surprenant.

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Web-documentaire sur l’apnée par le magazine L’Equipe Explore

Il y a quelques semaines, le magazine L’équipe Explore nous proposait un très beau et très bon documentaire sur l’apnée : son histoire, ses records, ses drames, sa beauté, ses techniques, un web-documentaire tout en textes, photos et vidéos, régalez-vous bien !

magazine equipe apnee

Interview exclusive de Guillaume Bussière

Guillaume Bussière

Après Arthur Guérin-Boeri et Georgette Raymond, c’est au tour de Guillaume Bussière de s’initier au jeu de l’interview pour le site apnée-savoie.com. Le Champion de France 2013 AIDA et FFESSM en dynamique palmes et en dynamique sans palmes, se livre en toute humilité, et avec l’humour qui le caractérise. Vous voulez tout connaître des meilleures pratiques en apnée, c’est par ici que ça se passe !

1. Déclinez votre identité ! Nom, prénom, âge, lieu de vie, nom du club. 

Bussière, Guillaume, 30 ans, Cagnes-sur-Mer, FFESSM : ORCA, AIDA : CIPA.

2. Dans les esprits, tu es celui qui a déchaîné les compteurs en 2013, sur le circuit FFESSM ou sur le circuit AIDA, avec en clôture les Championnats du Monde AIDA à Belgrade. On rappelle ta performance, 259m en DYN, comment te sens-tu aujourd’hui par rapport à cette performance ? 

Plutôt pas mal, je continue à m’entrainer pour voir ce qu’il y a après.

 3. Parlons des choses qui fâchent. On a vu que pour un simple problème d’annonces, tu as été sélectionné en finale B, et non en A, bien que tu aies fait la deuxième performance mondiale juste derrière Goran Golak (excusez du peu !). Mentalement, comment l’as-tu géré à chaud, et maintenant à froid ? Ce n’est que partie remise ? 

Très sincèrement sur le coup, j’ai été déçu, mais bizarrement le simple fait d’être en final m’a comblé. Avec le recul, en sachant quelle distance j’ai fait, je n’ai pas de raisons de ruminer. Mais en définitive, je suis vraiment content de ce qu’il s’est passé, ça ne me motive que d’avantage.

4. Quand et comment as-tu découvert l’apnée ? Depuis combien de temps pratiques-tu en club dans un souci d’entraînement et de compétition ? 

J’ai commencé l’apnée suite à un été de chasse sous-marine avec un ami. J’ai fait mon premier entraînement en statique le 4 janvier 2011 au CIPA . Il me semble que j’ai participé à ma première compétition lors de la 10ème coupe des Dauphins à Genève en 2012, sur le circuit AIDA .

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Herbert Nitsch sort du silence

Herbert-Nitsch / Contact : phil.simha@gmail.com
Photographe : Phil Simha, Tous droits réservés.

Des nouvelles de Herbert Nitsch sont toujours les bienvenues, malheureusement son accident ne lui permettra sans doute plus de plonger comme il le faisait auparavant…

Source : article web RED BULLettin en date du 28 février 2013, traduction de France Apnée.

« Après des mois et des mois de silence, l’apnéiste autrichien Herbert Nitsch, âgé de 42 ans, livre une interview émouvante pour « The Red Bulletin ». Rappelons que le 6 juin 2012, Herbert devait battre le record du monde de No Limit en le portant à 244m au large de Santorin. Les médecins lui avaient fait savoir qu’il serait impossible de plonger aussi profond. L’apnéiste est bien descendu à cette profondeur, mais c’est la remontée qui allait bouleverser sa vie…

Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez de cette plongée?
Herbert : Je ne peux pas le dire. Nous avons passé en revue les vidéo des dizaines de fois et mes souvenirs se confondent avec ce que je vois. Mais la chose importante est que nous pouvons dire avec certitude que l’accident s’est produit. Et que rien de tel ne s’était jamais produit auparavant.

Qu’est-ce qui s’est exactement passé au cours de ces quatre minutes de plongée?
Herbert: Je suis descendu à 244m comme prévu. Je me suis évanoui à une profondeur d’environ 100 m au moment de la remontée.
Ce que je voulais c’était de descendre avec la gueuse, maîtriser ma remontée lentement puis faire un palier d’une minute à 10m. Si cela c’était produit comme ça, rien ne serait arrivé. Mais je me suis évanoui à cause de la narcose à l’azote, même si les médecins pense que c’est l’accident de décompression qui m’a fait perdre connaissance. Dans tous les cas, la gueuse avec Herbert inconscient est remontée à 10m trop rapidement. La gueuse s’est arrêtée automatiquement alors que j’étais inconscient. Les plongeurs de sécurité m’ont sauvé. J’aurais pu me noyer parce que j’ai été attaché à la gueuse.

Avec la vidéo, on peut voir qu’une fois en surface vous êtes redescendu de suite. Pourquoi?
Herbert: J’ai pris un peu d’oxygène pur et je suis redescendu à 10m pour endiguer l’accident de décompression. J’étais programmé pour faire ça; je l’ai fait de manière inconsciente. Je ne me souviens pas de quoi que ce soit à propos de ces quelques minutes.

D’un point de vue médical, vous avez probablement eu un accident vasculaire cérébral, n’est-ce pas?
Herbert: Pour faire simple, l’air est composée de 20% d’oxygène et 80% d’azote. Pendant une plongée, l’oxygène dans le sang est consommé et l’azote est comprimé à la descente. Si vous remontez trop vite, l’azote augmente de volume, de manière explosive. C’est ce qui se passe quand vous faites sauter un bouchon de Champagne. C’est pareil dans le sang et ce n’est pas bon du tout pour vous. Les petites bulles d’azote se sont formées à la remontée et lorsque j’ai émergé cela a déclenché un accident vasculaire cérébral.

D’où venaient ces petites bulles d’azote pour causer autant de dégâts?
Herbert: Plusieurs parties de mon cerveau ont été touchées, heureusement, la plupart du temps dans la partie inférieure, la partie arrière de la tête et non pas derrière le front, car c’est là que les traits de personnalité sont situés. Donc, même si je suis loin d’être la personne que j’étais avant, quand il s’agit de ma personnalité et de mon caractère, je suis toujours la même personne. J’ai pu m’en sortir en changeant ma façon de faire.

Des troubles neurologiques, de la difficulté à trouver ses mots et des pertes de mémoire sont tous des symptômes typiques d’AVC. Est-ce certains de ces troubles se sont manifestés?
Herbert: Je suis conscient de ces problèmes et je souffre de certains d’entre eux. Mais je suis devenu assez bon maintenant pour trouver une autre façon de dire les choses quand je m’aperçois que je ne trouve pas le mot.
Si vous me posez une question en deux parties, je vais probablement répondre à la première partie et oublier la seconde.
Je viens de me rappeler du mot de passe de mon ordinateur récemment, par hasard. Et les noms; j’avais oublié les noms de presque tout le monde.

Que diriez-vous du point de vue motricité?
Herbert: Je marche à nouveau sur mes deux pieds. Je n’utilise pas un fauteuil roulant, de canne ou de déambulateur. C’est vraiment un grand progrès, mais ce qui est bizarre c’est que j’ai la sensation d’être fait de bois. Et si je ne me concentre pas, ma jambe droite vacille comme si elle se balançait de ma hanche. Si j’essaie de courir, c’est encore plus drôle, c’est comme un mélange entre pas de l’oie et la Lambada.

Votre discours est très rarement perturbé.
Herbert: Si j’essaie de parler vite ou quand il y a des mots plus compliqués, c’est trop rapide pour ma langue. Ou plutôt, trop rapide pour la conduction nerveuse entre mon cerveau et ma langue. Mon discours finit par sonner pâteux, comme si j’étais un peu ivre. Curieusement, l’anglais vient à moi beaucoup plus facilement que mon allemand natif. Je ne sais pas pourquoi.
En général le côté droit de mon corps est encore très limité dans ce qu’il peut faire.

Êtes-vous droitier?
Herbert: Oui, je le suis. Ce serait un désordre complet si j’essayais par exemple de verser le thé dans une tasse avec ma main droite. J’ai dû apprendre à écrire de la main gauche, même si c’est juste pour le plaisir d’avoir à nouveau une signature. Si j’utilise ma main droite, mon écriture ressemble à un gribouillage, comme un gosse d’école primaire essayant d’usurper l’identité d’un adulte.
Je commence toujours par me brosser les dents avec ma main droite pour l’entraîner, je ne passe qu’à ma main gauche que lorsque mon épaule est trop fatiguée. »

Par Ron Mueller et Arek Piątek
Source : article web RED BULLettin en date du 28 février 2013, traduction de France Apnée.

On l’aura compris Herbert Nitsh, encore diminué par son accident, reste un battant. Cet athlète-aventurier d’exception veut désormais s’investir dans la protection des océans.

Pour aller plus loin : http://www.herbertnitsch.comhttp://www.sunfishproductions.com.